Le sacré cœur à Paris

La basilique du Sacré-Cœur : une église pour sauver la France
Nous sommes en 1870, dans quelques semaines, l’histoire de France va prendre un nouveau tournant. Le 19 juillet, la France déclare la guerre à la Prusse mais le 2 septembre, Napoléon III est contraint de déposer les armes à l’issue de la bataille de Sedan et le 4 septembre, la Troisième République est proclamée : c’est la fin du Second Empire.

Cependant, la guerre avec la Prusse n’est pas encore terminée et Paris est assiégé pendant plus de quatre mois. Le froid et la faim rendent ce siège particulièrement difficile pour les Parisiens contraints de se nourrir de chevaux, chats, chiens, rats et même d’animaux du jardin des plantes (chameau, éléphant, antilope) qu’ils sont obligés de sacrifier ! En décembre 1870, Victor Hugo témoigne : ” Ce n’est même plus le cheval qu’on mange. C’est peut-être du chien ? C’est peut-être du rat ? Je commence à avoir des maux d’estomac. Nous mangeons l’inconnu.”

Le 18 janvier 1871, l’Empire allemand est proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles et le 26 janvier, un cessez-le-feu est signé. Cependant, certains Parisiens refusent de rendre les armes. Le 18 mars, Adolphe Thiers envoie l’armée s’emparer des 227 canons installés sur la butte Montmartre. L’opération, mal préparée, échoue : les officiers sont désarmés par la foule. C’est alors le début de la Commune de Paris, une insurrection de plus de deux mois qui met la capitale à feu et à sang.

Cette période compliquée qui débute en 1789 avec la Révolution, est perçue par certains catholiques comme une punition divine, à tel point que deux Parisiens en exil, Hubert Rohault de Fleury et Alexandre Legentil, promettent de construire une nouvelle église si Dieu sauve la France.

La construction de la basilique du Sacré-Cœur
Une fois la situation apaisée, il est décidé d’ériger ladite église sur la butte Montmartre, lieu symbolique du début de la Commune de Paris et où fut décapité Saint Denis. Le projet est discuté, certains y voient le symbole de l’église pendant la Révolution, pourtant en 1873 une loi reconnaît l’utilité publique de l’église et une vaste souscription nationale est lancée pour financer sa construction.

Les Français sont appelés à participer dans la mesure de leurs moyens, programme qui rencontre un grand succès grâce à la “souscription des pierres” qui incite la population à réunir des fonds pour l’achat d’une pierre, d’une colonne ou même d’une chapelle sur laquelle sont gravés les initiales ou les noms des donateurs. Les travaux sont achevés, mais la consécration prévue en octobre 1914 est reportée à cause de la guerre et n’aura lieu qu’en 1919.

Construction de la basilique du Sacré-Cœur de Paris
Le Sacré-Cœur en construction, en 1882
Construction de la basilique du Sacré-Cœur de Paris
Le Sacré-Cœur en construction, en 1887
Parfois critiqué par certains qui voient dans son architecture un “gâteau surmonté de Chantilly”, le Sacré-Cœur est aujourd’hui bien installé dans le paysage parisien et fait le bonheur des montmartrois et des touristes : après Notre-Dame, il est le deuxième monument parisien le plus visité.

Visite du Dôme du Sacré-Cœur
Que l’on apprécie ou non l’architecture du Sacré-Cœur, la vue sur Paris depuis son parvis est à couper le souffle ! Et pour en profiter encore plus, rien de tel que de monter encore plus haut sur le dôme de l’église.

Il faut gravir quelque 300 marches pour atteindre les parties supérieures du Sacré-Cœur mais la récompense en vaut la peine : une vue à 360° sur le centre et le nord de Paris. Vous pourrez également observer les gargouilles de très près !

Vue de Paris depuis la basilique du Sacré-Coeur
Paris, basilique du Sacré-Coeur
Vue de Paris depuis la basilique du Sacré-Coeur
Vue de Paris depuis la basilique du Sacré-Cœur
Si l’entrée au Sacré-Coeur est gratuite, l’accès au dôme est payant : 7€ par personne.

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